Histoire métallique

durée : 1 heure

Le parcours « histoire métallique » propose de découvrir les aspects de la numismatique à travers différentes thématiques : les trésors monétaires, les prestigieuses collections, l'iconographie monétaire, le matériel de production, le change, les billets de banque, les médailles et les décorations. 

01 Histoire métallique

Bienvenue au Cabinet des Médailles. Grâce à une nouvelle mise en valeur, vous découvrirez au fil des prochaines salles plusieurs thématiques liées à la monnaie : les trésors découverts au Luxembourg, les représentations iconographiques, la frappe monétaire, le change et les billets de banque, les médailles et les décorations.  

02 Bague en cristal de roche, IIe siècle après J.C.

Cette bague en cristal de roche particulièrement précieuse a été retrouvée au Widdenberg, près de Mensdorf sur le site d'un temple gallo-romain dédié au dieu Lénus Mars Veraudunus et à la déesse Inciona. Elle date du IIe siècle et présente un buste féminin exécuté avec beaucoup de finesse, notamment dans les détails de la coiffure. La taille du cristal de roche est délicate et donne toute sa valeur à l'objet. Seuls quelques exemplaires de ce style de bague ont été retrouvés dans l'Empire romain. 

03 Trésor de Machtum, vers 375 après J.C.

Un des plus fabuleux trésors du Luxembourg est certainement celui de Machtum. En avril 1958, des travaux de dragage dans la Moselle mettent à jour de nombreuses monnaies romaines en or. La nouvelle se répand rapidement et déclenche une véritable ruée vers l'or. Ce trésor avait sombré en 375 dans les eaux de la rivière et se composait de plus d'une centaine de solidi et des multiples précieux. Cet ensemble exceptionnel est certainement le fruit d'une largitio, cérémonie de la cour impériale à Trèves, durant laquelle l'empereur en personne remettait des cadeaux en métal précieux à de hauts dignitaires civils et militaires. 

04 Trésor d'Altrier, vers 50 avant J.C.

En 2008, le musée a pu acquérir un des trésors de l'époque celtique les plus prestigieux jamais découverts sur le territoire du Grand-Duché, durant les années 1970. Il rassemble 32 monnaies gauloises en or, portant la légende POTTINA et frappées ente 58 et 51 avant notre ère. Durant la Guerre des Gaules, les frappes monétaires en or et en argent liées aux efforts de guerre (soldes des guerriers, payement de tribut à des alliés...) se sont multipliées. En Gaule Belgique, la production de statères du type à l'œil augmente singulièrement.  

05 Statère Pottina en or, milieu du Ier siècle avant J.C.

Cette monnaie date de la guerre des Gaules et marque l'aboutissement de la stylisation de la tête du dieu grec Apollon. L'avers est occupé par un grand œil angulaire de profil, tourné à droite. L'iris a la forme d'une roue à huit rayons. Au revers figure un cheval se cabrant, peut-être copié d'un denier romain. Les monnaies en or du « type à l'œil » forment la fin de l'évolution typologique du prototype grec, caractérisé par une décomposition stylistique poussée. D'abord sans légende, ce statère est doté ensuite du nom de Pottina et plus tard Arda, probablement des chefs trévires. Les pièces ne sont plus constituées qu'à 40 % d'or pur liés à l'argent et au cuivre.  

06 Florin d'or de Jean l'Aveugle, Luxembourg, après 1375

Ce florin de Jean l'Aveugle frappé à Luxembourg après 1325 est une pièce particulièrement remarquable. Le florin en or naît à Florence vers 1250. C'est la principale monnaie du Moyen Âge, et la première en or. Le commerce de la ville est florissant et sa monnaie, largement diffusée, servira de modèle à de nombreuses monnaies à travers l'Europe. Celui-ci a été frappé à Luxembourg par Jean l'Aveugle. S'il présente les deux images caractéristiques du florin - le lys, emblème de Florence et, son protecteur, St Jean Baptiste, au revers - cette pièce présente un différent, c'est-à-dire une marque d'atelier qui indique qu'elle a été frappée à Luxembourg : le heaume tourné vers la gauche 

07 Balancier. Presse manuelle pour la frappe de jetons, Luxembourg, vers 1930

Voici un balancier, c'est-à-dire une presse manuelle qui servait à la frappe de jetons. Elle provient des établissements NIMAX de Luxembourg et fut utilisée durant le XXe siècle. Elle fonctionne comme un balancier, grâce à l'action de son bras métallique à l'aide des poids autour d'une vis.  À partir du XVIIIe siècle, l'utilisation du balancier permit la fabrication standardisée et donc plus rapide des monnaies.  

08 Le Changeur, Marinus van Reymerswaele (vers 1493 - après 1567)

Ce tableau invite à pénétrer dans l'échoppe d'un changeur de monnaies du Moyen Âge. Dans le coin d'un comptoir recouvert de boiserie et équipé de tous les ustensiles nécessaires à l'exercice du métier de changeur, un homme âgé portant une coiffe rouge bourguignonne est assis derrière une table couverte d'une étoffe verte. Il a l'air concentré et écrit des chiffres dans un livre de compte, tout en comptant de la main gauche les pièces d'or et d'argent déversées sur la table. Un autre personnage, assis à sa gauche, tient une bourse et tandis qu'il pose familièrement le bras sur l'épaule du premier. Il nous fixe du regard en pointant le doigt vers le tas de monnaies, comme s'il nous invitait à déposer notre pactole sur la table. Cette scène de genre de l'école flamande a connu une grande popularité jusqu'au XVIIe siècle, de telle sorte que de nombreuses versions et copies d'atelier existent. Au fil du temps, la caricature devient de plus en plus acerbe, reflétant la sympathie modérée que suscitait ce métier. Les changeurs ont exercé une fonction clé dans le monde financier. Ils détenaient le monopole du change et du contrôle des innombrables pièces en circulation provenant des pays voisins.  

09 Projet et dessins d'Auguste Trémont (1892-1980) pour le bon de caisse de 10 francs émis en 1923

Ce pastel est directement issus de l'atelier de l'artiste et sculpteur animalier luxembourgeois Auguste Trémont. En 1923, le Gouvernement le charge de réaliser les projets du prochain bon de caisse de 10 francs luxembourgeois, le premier à figurer un portrait grand-ducal. Son projet témoigne d'une hardiesse artistique originale en présentant le portrait de la Grande-Duchesse Charlotte de face. Cette proposition ne sera pas suivie comme en témoigne les plaques d'impression et le billet final qui circula au Luxembourg durant à peine cinq ans, entre 1924 et 1929.  

10 Coins de frappe de l'écu obsidional en argent, monnaie de nécessité en 1795

À partir du 21 novembre 1794, la forteresse de Luxembourg est assiégée par les troupes révolutionnaires françaises. Rapidement, l'approvisionnement en monnaie fraiche fait défaut. Pour remédier à la pénurie, le commandant autrichien de la forteresse, le feld-maréchal von Bender, décrète en janvier 1795 la frappe de monnaies de nécessité. Les objets en argent (bijoux, argenterie civile et ecclésiastique) sont réquisitionnés et fondus pour frapper des écus afin de payer les soldats de la garnison. Les coins ayant servi à leur fabrication sont en acier et furent insérés dans un balancier. C'est la première frappe de monnaie depuis la fermeture de l'atelier en 1644. La ville capitule en juin 1795, après plus de sept mois de blocus. Cette reddition met un terme à la circulation ce monnayage d'urgence. Les monnaies émises, sont tout comme les coins, assez grossières, et leur poids varie entre 27 et 32 g.  

11 Décoration décernées au Ministre d'État Joseph Bech (1887-1975)

Cette collection rassemble les décorations officielles qui furent décernées au Premier Ministre et Ministre des Affaires étrangères, Joseph Bech durant sa longue carrière politique, de 1925 à 1960. Elles témoignent des nombreux contacts diplomatiques du Grand-Duché de Luxembourg à partir des années 30. Considéré comme l'un des « Pères de l'Europe », Bech signa d'importants traités pour le Luxembourg, à l'exemple de la création du Benelux et du traité de Rome, qui jeta les bases de l'Union européenne.