Un reflet du paradis Œuvres en ivoire médiévales du Hessisches Landmuseum Darmstadt

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    • 23.10.2009 - 24.01.2010

Les défenses et dents de l'éléphant, de l'hippopotame, du morse, du narval et cachalot connues sous le nom d' « ivoire » font partie des premiers matériaux utilisés par l'Humanité.

Sa réfraction extraordinaire, sa grande élasticité et son excellente adaptation au polissage prédestinent pour ainsi dire l'ivoire au travail artistique délicat et riche en détails. Sa rareté et la haute valeur symbolique qu'on lui reconnaissait faisaient de l'ivoire un produit de luxe, réservés à des fonctions bien définies et à une clientèle de choix.

Jusqu'à l'invention d'outils techniques comme la fraiseuse rotative au XIXe siècle, le travail de l'ivoire et de l'os n'a guère évolué depuis les temps préhistoriques. Scies, perçoirs et différentes formes de grattoirs et de râpes, de burins et de limes étaient jusqu'à ce moment-là les outils couramment utilisés pour la sculpture de l'ivoire. Il s'agissait pour l'essentiel d'un travail manuel. On ne se servait pratiquement jamais du maillet. Il faut d'ailleurs préciser que le mot « sculpter » peut induire en erreur ; en effet, l'acte par lequel l'artiste donne une forme au matériau consiste avant tout à racler la surface et à enlever des copeaux, car la dureté de la matière ne permet pas de tailler l'objet.

L'exposition montre un choix représentatif d'œuvres en ivoire de l'Antiquité tardive et du Moyen-Âge. Elles sont issues de la collection d'ivoires du Hessisches Landesmuseum de Darmstadt, l'une des plus importantes au monde. À côté de témoignages de l'art roman de la région de Cologne on peut également admirer des pièces d'une valeur artistique remarquable et caractéristique de l'Antiquité tardive ainsi que des époques byzantine, carolingienne ottonienne et gothique.

Une grande partie des 54 pièces présentées dans l'exposition proviennent de la célèbre collection du Baron von Hüpsch, qui de son vrai nom s'appelait Jean Guillaume Adolphe Fiacre Honvlez (1730-1805). Il comptait parmi les collectionneurs les plus originaux du XVIIIe siècle et recherchait systématiquement des œuvres en ivoire. En 1805 ces objets en ivoire sont entrés par legs au musée grand-ducal. Dans leur ensemble ils fournissent un aperçu représentatif des différentes catégories de l'art de l'ivoire : on y trouve des diptyques de l'Antiquité tardive originaires de Rome et de Byzance, des pyxides, des autels portatifs, des reliures de livres, des reliquaires romans ainsi que des travaux en relief gothiques.